À l’occasion de la Semaine internationale des archives, célébrée cette année sous le thème « Archives pour la justice : mémoire, droits et avenir », les professionnels congolais du secteur se sont réunis ce vendredi pour réfléchir aux défis qui entravent la gestion et la préservation des archives en République démocratique du Congo.
Organisée par l’Association des archivistes professionnels du Congo (AAPC), la rencontre a rassemblé des archivistes issus des administrations publiques, des entreprises publiques, des banques et du secteur privé. Les échanges ont porté sur le rôle des archives dans la promotion de la justice, la sauvegarde de la mémoire collective et la protection des droits des citoyens, mais aussi sur les enjeux liés à l’éthique professionnelle, à la déontologie et à la transformation numérique.
Selon le professeur Jean-Paul Nenga, président de l’AAPC, le principal défi auquel fait face le secteur reste l’obsolescence du cadre légal. La loi régissant les archives, datant de 1978, n’a jamais été adaptée aux évolutions technologiques et aux exigences du numérique. À cela s’ajoutent le manque d’infrastructures adéquates, l’insuffisance de la formation spécialisée et l’absence d’un véritable statut professionnel pour les archivistes.
Le responsable de l’association a également souligné les difficultés de fonctionnement de l’Institut national des archives du Congo (INACO), qui ne dispose ni des capacités techniques ni des infrastructures nécessaires pour assurer pleinement sa mission de conservation du patrimoine documentaire national.
La question du rapatriement des archives coloniales conservées en Belgique a également été abordée. Pour le professeur Nenga, ce dossier nécessite une coopération entre États ainsi qu’une implication accrue des professionnels du secteur. Toutefois, il estime que le retour de ces documents ne pourra être envisagé efficacement sans infrastructures capables de garantir leur conservation.
Prenant la parole au cours de la conférence, Mobembo Pierre Aimé, conservateur principal à l’INACO et doyen des archivistes congolais, a rappelé que les archives constituent la mémoire de la nation. Il a plaidé pour une sensibilisation accrue des jeunes générations à l’importance de la conservation documentaire, depuis le cadre familial jusqu’aux établissements scolaires.
Les participants ont ainsi appelé les pouvoirs publics à accélérer les réformes nécessaires pour moderniser le secteur et préserver durablement le patrimoine documentaire du pays. En République démocratique du Congo, les activités de la Semaine internationale des archives ont été officiellement lancées le 9 juin par la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, marquant le début d’une série d’initiatives destinées à promouvoir la sauvegarde et la valorisation de la mémoire nationale.
LK

