RDC : Mgr Donatien Nshole rejette les accusations de subversion portées contre la CENCO

La réponse de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) à la déclaration de l’Union Sacrée de la Nation n’a pas tardé. Quelques heures après la publication du communiqué de la plateforme présidentielle accusant les évêques de « subversion » à propos de leur opposition au projet de révision de la Constitution, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a vivement rejeté ces accusations, tout en dénonçant une tentative de diversion face aux défis majeurs auxquels est confrontée la République démocratique du Congo.

Dès l’entame de sa réaction, le prélat s’est dit attristé par la déclaration de l’Union Sacrée, estimant que les responsables politiques devraient plutôt concentrer leurs efforts sur les crises qui frappent actuellement le pays, notamment la situation sécuritaire dans l’Est et la recrudescence de l’épidémie d’Ebola.

Mgr Donatien Nshole a également salué les membres de la majorité qui, selon lui, ont refusé de cautionner cette déclaration, tout en regrettant l’attitude de certains catholiques engagés en politique, qu’il accuse d’avoir sacrifié leurs convictions chrétiennes au profit du pouvoir.

Revenant sur le contenu du communiqué, le secrétaire général de la CENCO a dénoncé ce qu’il qualifie de « malhonnêteté intellectuelle » dans l’expression « quelques évêques », affirmant que tous les prélats présents lors de la réunion ayant conduit à la prise de position de la CENCO étaient unanimes. Selon lui, évoquer « quelques évêques » revient à ignorer le principe du quorum pourtant bien connu des parlementaires.

Concernant les accusations de subversion portées contre la CENCO, Mgr Nshole estime qu’il s’agit d’une manœuvre destinée à détourner l’attention. Il rappelle que les mêmes responsables politiques soutenaient autrefois des prises de position similaires de l’Église catholique lorsqu’elles visaient l’ancien régime de Joseph Kabila. À ses yeux, la CENCO est restée constante dans sa mission, contrairement à certains acteurs politiques.

Le prélat a ensuite lancé un appel à l’unité nationale, estimant que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement critique. Selon lui, la priorité doit être le rétablissement de la paix et la réunification du pays. Il a assuré que les évêques poursuivront leur mission pastorale sans se laisser intimider.

Enfin, Mgr Donatien Nshole s’est interrogé sur l’opportunité d’organiser un référendum constitutionnel dans le contexte actuel, alors qu’une partie du territoire échappe au contrôle de l’État. Il a estimé qu’une telle démarche pourrait être interprétée comme une reconnaissance implicite de l’exclusion des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu du processus référendaire, alimentant ainsi les craintes de balkanisation du pays. Il s’est également demandé s’il n’existait pas un accord tacite entre le pouvoir de Kinshasa et le Rwanda, une hypothèse qu’il présente sous forme d’interrogation.

Ces déclarations interviennent dans un climat de forte tension politique autour du projet de révision de la Constitution, un débat qui continue de diviser la classe politique, les institutions religieuses et une partie de l’opinion publique congolaise.

LK

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