Kinshasa : le Pr Joël Nzampungu recommande une stratégie alliant prévention, répression ciblée et réinsertion pour la lutte contre la criminalité

Le renforcement du renseignement criminel, une présence policière accrue dans les zones sensibles, le développement d’une véritable police de proximité, l’encadrement de la jeunesse ainsi que la mise en œuvre de programmes de réinsertion ont été recommandés par le professeur Joël Nzampungu Imbole, Directeur adjoint chargé de l’enseignement à l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), ce jeudi dans un entretien au journal le pouvoir du peuple, pour lutter durablement contre l’insécurité dans la capitale congolaise.

« Pour une lutte efficace contre la criminalité à Kinshasa, je recommande de renforcer le renseignement criminel, d’accroître la visibilité des forces de l’ordre dans les quartiers les plus exposés, de surveiller davantage les espaces publics, de démanteler les réseaux criminels et de consolider les capacités d’enquête ainsi que l’efficacité de la chaîne pénale afin de restaurer l’autorité de la justice », a déclaré le professeur Joël Nzampungu.

Poursuivant son analyse, il a souligné que la réponse à la montée de la criminalité urbaine, marquée notamment par les violences des Kuluna, les vols à la tire, les enlèvements et d’autres formes de délinquance, ne peut se limiter à la seule répression.

Selon le professeur Joël Nzampungu Imbole, la recrudescence de la criminalité à Kinshasa résulte de l’interaction de plusieurs facteurs individuels, sociaux, économiques et institutionnels.

« Le passage à l’acte criminel n’est jamais un phénomène spontané, mais l’aboutissement d’un contexte marqué par la précarité économique, le chômage des jeunes, la désorganisation familiale, la consommation de substances psychoactives, l’affaiblissement du contrôle social et le sentiment d’impunité », a-t-il expliqué.

Pour ce spécialiste de la criminologie, les auteurs d’infractions agissent lorsqu’ils considèrent que les bénéfices attendus sont supérieurs aux risques encourus.

Il estime par ailleurs que la lutte contre l’insécurité doit reposer sur une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la société.

« La lutte contre la criminalité doit mobiliser l’État, les forces de sécurité, la justice, les collectivités locales, les établissements scolaires, les familles, les organisations de la société civile et les communautés », a-t-il soutenu.

S’agissant de la prévention, il préconise des politiques publiques axées sur l’encadrement de la jeunesse, l’accès à une éducation de qualité, la formation professionnelle, l’insertion économique et la promotion des valeurs citoyennes. Il plaide également pour le développement d’une véritable police de proximité afin de renforcer la confiance entre les citoyens et les services de sécurité, condition essentielle pour améliorer le signalement des infractions et la coopération de la population.

Le Directeur adjoint chargé de l’enseignement à l’École de criminologie de l’UNIKIN insiste, en outre, sur la nécessité d’assurer une prise en charge adaptée des victimes et de mettre en œuvre des programmes de réinsertion en faveur des jeunes délinquants afin de réduire les risques de récidive.

« une politique de sécurité durable pour Kinshasa doit reposer sur un équilibre entre prévention, dissuasion, répression ciblée et réinsertion. Seule une approche globale, combinant l’autorité de l’État, l’efficacité des institutions judiciaires et l’engagement de la société, permettra de s’attaquer aux causes profondes de la criminalité et de rétablir durablement la sécurité dans la capitale », a conclu le professeur Joël Nzampungu Imbole.

LK

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