OIF : la RDC intensifie son offensive diplomatique pour faire élire Juliana Amato Lumumba

À l’approche du scrutin prévu en novembre 2026 à Phnom Penh, la République démocratique du Congo multiplie les démarches diplomatiques pour obtenir des soutiens à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Kinshasa a engagé une vaste campagne diplomatique pour rallier les États membres de l’OIF à la candidature de Juliana Amato Lumumba. Officiellement portée par les autorités congolaises, cette candidature est présentée comme celle d’une « Francophonie des peuples », avec une vision axée notamment sur la solidarité, la jeunesse, la culture et le numérique.

Parmi les soutiens publics déjà enregistrés figure la République du Congo, dont le président Denis Sassou Nguesso a exprimé son appui à la candidature congolaise lors de la visite du ministre Crispin Mbadu à Brazzaville, le 31 mars 2026. Le Cap-Vert a également été approché officiellement le 6 avril à Praia, tandis que plusieurs autres capitales ont fait l’objet de démarches de Kinshasa.

Le Gabon constitue également un soutien important dans la stratégie congolaise. Lors de la visite de Félix Tshisekedi à Libreville le 15 août, le président Brice-Clotaire Oligui Nguema aurait assuré son homologue congolais du soutien de son pays à la candidature de Juliana Lumumba.

Une offensive diplomatique tous azimuts

Depuis plusieurs mois, le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Crispin Mbadu, multiplie les missions et consultations auprès des capitales francophones.

Le Tchad a notamment été sollicité le 6 mai, lors d’une audience accordée à l’émissaire congolais par le président Mahamat Idriss Déby Itno. La Centrafrique, la Guinée équatoriale, São Tomé-et-Príncipe, la Mauritanie et le Sénégal figurent également parmi les pays approchés dans le cadre de cette campagne.

L’offensive s’est poursuivie en Europe. La RDC a sollicité le soutien du Luxembourg et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en avril. En Suisse, à Berne, Crispin Mbadu a également plaidé en faveur de la candidature congolaise. La Belgique a, pour sa part, constitué une nouvelle étape de cette campagne avec la rencontre, le 25 juin à Bruxelles, entre Juliana Amato Lumumba, Crispin Mbadu et le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot.

La France et le Canada figurent eux aussi parmi les partenaires ciblés par Kinshasa. À Paris, les autorités congolaises ont présenté la vision de Juliana Lumumba aux responsables français chargés de la Francophonie. À Ottawa, le ministre Crispin Mbadu a mené des consultations auprès des autorités et de parlementaires canadiens afin de mobiliser leur soutien.

L’Égypte et le Maroc ont également été approchés dans le cadre de cette offensive diplomatique, tandis que la RDC entend poursuivre sa mobilisation auprès des pays d’Afrique du Nord et d’Asie-Pacifique.

Le scrutin de Phnom Penh en ligne de mire

Le rendez-vous décisif est fixé à novembre 2026, à Phnom Penh, au Cambodge, où doit se tenir le XXe Sommet de la Francophonie. C’est dans ce cadre que doit être désigné le prochain Secrétaire général de l’OIF. Le calendrier diplomatique de Kinshasa vise donc à consolider les appuis avant cette échéance.

Présentée officiellement par Félix Tshisekedi en mars dernier, Juliana Amato Lumumba bénéficie du soutien politique et diplomatique des autorités congolaises, qui entendent mettre en avant le poids démographique et culturel de la RDC dans l’espace francophone.

À quelques mois du scrutin, la bataille diplomatique s’annonce ainsi déterminante. Pour Kinshasa, l’enjeu consiste désormais à transformer les démarches et marques de sympathie enregistrées en soutiens fermes au moment du vote, afin de donner à la candidature de Juliana Amato Lumumba les meilleures chances de succès.

LK

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