La musique congolaise vient de perdre l’une de ses voix emblématiques. Charles NDombasi Lassa, connu du public sous le nom de scène Carlito, s’est éteint le 31 août 2026 à Cincinnati, aux États-Unis, à l’âge de 65 ans. Sa disparition met fin à un parcours artistique et spirituel marqué par plusieurs vies, de la scène musicale aux tribunes de l’évangélisation.
Né en 1961, Carlito Lassa s’est révélé dans le Kinshasa musical des années 1980, une époque dominée par de grandes figures de la rumba congolaise. Originaire de Matadi, il avait d’abord exercé le métier de tailleur avant de se tourner progressivement vers la musique.
Par la force et la singularité de sa voix, le jeune artiste parvient à se faire une place dans un univers particulièrement concurrentiel. Auteur-compositeur et interprète, il se distingue notamment par un timbre vocal reconnaissable qui lui permet d’évoluer au sein de plusieurs formations importantes de la scène congolaise, dont Ok Jazz et Choc Stars.
Les années 1980 et 1990 constituent l’une des périodes les plus marquantes de sa carrière. Carlito participe alors à cette effervescence musicale qui fait de Kinshasa l’une des capitales africaines de la danse et de la rumba. Sa voix accompagne les soirées et les pistes de danse, contribuant à inscrire son nom dans la mémoire des mélomanes.
Mais l’histoire de Carlito Lassa ne se limite pas à la musique. Au fil des années, l’artiste opère une profonde transformation dans sa vie. De chanteur populaire, il devient pasteur évangéliste et consacre une grande partie de son existence à la foi chrétienne et à l’évangélisation.
C’est d’ailleurs dans le cadre de cette nouvelle mission qu’il se trouvait aux États-Unis au moment de sa disparition. Carlito Lassa avait participé à une campagne d’évangélisation organisée les 29 et 30 août 2026. Il est décédé quelques jours plus tard à Cincinnati.
Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas encore été rapportées de manière suffisamment concordante pour permettre d’en établir avec certitude les causes.
Avec sa disparition, la République démocratique du Congo perd non seulement un artiste ayant marqué une génération de mélomanes, mais également un homme dont le parcours témoigne d’une remarquable reconversion, de la musique populaire au ministère pastoral.
À 65 ans, Carlito Lassa laisse ainsi derrière lui un double héritage : celui d’une voix qui a résonné dans les grandes heures de la rumba congolaise et celui d’un prédicateur qui avait choisi, dans la seconde partie de sa vie, de mettre son talent et son expérience au service de sa foi.
LK

