Riposte contre Ebola en RDC : 700 millions de dollars mobilisés, seuls 220 millions retracés par le gouvernement

La gestion des financements destinés à la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo soulève des interrogations. Sur les quelque 700 millions de dollars américains annoncés comme mobilisés auprès des partenaires, le gouvernement congolais affirme n’avoir pu retracer que 220 millions de dollars. Face à cette situation, le ministre de la Santé publique, le Dr Samuel Roger Kamba, appelle à une transparence totale dans la gestion des fonds et l’exécution des activités sur le terrain.

Dans sa mise au point, le ministre a expliqué que les financements mobilisés par les bailleurs ne sont pas directement versés au gouvernement congolais, mais transitent par les partenaires internationaux chargés de mettre en œuvre les interventions.

« Les fonds mobilisés par les bailleurs sont directement versés aux partenaires internationaux », a-t-il précisé, regrettant que les autorités congolaises n’aient pu retracer, à ce jour, que 220 millions de dollars sur les montants évoqués.

Pour le gouvernement, cette situation nécessite un meilleur encadrement des interventions et un mécanisme permettant de connaître avec précision l’origine des financements, leur affectation ainsi que le niveau réel d’exécution des activités financées.

Une accréditation conditionnée par la transparence

Dans cette optique, la Primature et le ministère de la Santé avaient décidé que seules les agences accréditées par l’Institut national de santé publique (INSP) seraient autorisées à intervenir sur le terrain dans le cadre de la riposte.

Cette accréditation implique notamment la communication de l’origine des financements, la présentation des objectifs poursuivis et la transmission des informations relatives au degré d’exécution des activités.

Selon le Dr Samuel Roger Kamba, un formulaire a été transmis, depuis plusieurs semaines, à l’ensemble des partenaires chargés de la mise en œuvre afin de recueillir ces données essentielles à la transparence et au suivi des interventions.

Toutefois, le niveau de réponse demeure faible. « Seuls environ 22 % d’entre eux ont renseigné le formulaire », a révélé le ministre, soulignant ainsi les difficultés rencontrées par les autorités pour disposer d’une vision complète des financements et des activités menées par les partenaires.

Un seul plan, un seul budget et une seule coordination

Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer les exigences de redevabilité à l’égard des organisations impliquées dans la lutte contre Ebola. Pour le ministre de la Santé, la transparence ne doit pas être considérée comme une simple formalité administrative, mais comme une condition essentielle à l’efficacité de la riposte.

« La transparence doit être totale », a-t-il insisté, rappelant que la lutte contre Ebola doit s’inscrire dans un cadre commun : « un seul plan, un seul budget et une seule coordination ».

Cette approche vise à harmoniser les interventions, à améliorer le suivi des ressources mobilisées et à éviter la dispersion des efforts dans un contexte où la coordination entre les autorités nationales et les partenaires demeure déterminante.

Le Dr Samuel Roger Kamba a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance envers les partenaires qui contribuent effectivement à la lutte contre Ebola en RDC.

Au-delà des montants annoncés, la question centrale reste désormais celle de la traçabilité des financements, de leur utilisation effective et de la capacité des autorités à obtenir des informations complètes auprès des agences de mise en œuvre. Un enjeu majeur pour garantir une riposte coordonnée, transparente et efficace au bénéfice de la population congolaise.

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