RDC : la Belgique condamne le choix de Joseph Kabila de rejoindre la voie des armes

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a vivement critiqué la décision de l’ancien président congolais Joseph Kabila de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire qui entend accéder au pouvoir par les armes. Pour Bruxelles, cette démarche est incompatible avec les principes démocratiques et risque d’aggraver les souffrances de la population congolaise.

Dans une déclaration ferme, le chef de la diplomatie belge a qualifié ce choix de « déplorable, incompréhensible et inacceptable », rappelant que Joseph Kabila, lui-même ancien chef de l’État, a été confronté aux conséquences dévastatrices des rébellions armées durant son parcours politique.

Maxime Prévot estime qu’aucune ambition politique ne saurait justifier le recours à la violence ni les attaques contre les institutions nationales. Selon lui, cette voie est profondément illégitime et ne peut conduire ni à la stabilité, ni à la paix, encore moins à la démocratie. Il a également souligné que les acteurs qui choisissent cette option doivent en assumer pleinement les responsabilités.

Bruxelles privilégie le dialogue à l’escalade militaire

Réaffirmant la position de la Belgique en faveur d’un règlement pacifique de la crise sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC), le ministre a insisté sur l’absence de solution militaire durable au conflit.

Il a averti qu’une nouvelle escalade armée ne ferait qu’accentuer les souffrances des populations civiles, premières victimes des rivalités politiques et des ambitions de pouvoir. Dans ce contexte, Bruxelles exhorte l’ensemble des parties à privilégier le dialogue et la négociation, présentés comme les seules voies raisonnables et responsables pour parvenir à une paix durable.

Les processus de Doha et de Washington maintiennent l’espoir

Malgré la lenteur des avancées sur le terrain, Maxime Prévot a défendu la poursuite des processus de paix de Doha et de Washington. Il reconnaît que les progrès restent limités, mais estime que ces mécanismes constituent des cadres de dialogue acceptés par les parties concernées.

Le ministre belge a notamment relevé que de nouvelles réunions sont prévues dans le cadre de ces deux initiatives, tout en saluant les récentes démarches des co-facilitateurs de l’Union africaine, qui se sont rendus à Kinshasa, à Goma et à Kigali pour soutenir les efforts de médiation.

Pour le chef de la diplomatie belge, l’existence de ces cadres de négociation représente déjà un acquis important dans un contexte où d’autres conflits ne bénéficient d’aucun mécanisme comparable.

La Belgique entend ainsi maintenir son soutien aux processus de Doha et de Washington, tout en plaidant pour la mise en œuvre intégrale et de bonne foi des engagements pris par les différentes parties.

Maxime Prévot a enfin annoncé la poursuite de ses consultations avec ses homologues de la région, ses partenaires de l’Union européenne et les pays engagés dans la médiation, afin d’examiner les réponses que la communauté internationale pourrait apporter à cette évolution jugée préoccupante.

Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les initiatives diplomatiques se poursuivent alors que la multiplication des acteurs politico-militaires fait craindre une aggravation de la crise sécuritaire.

LK

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