Économie congolaise : une croissance résiliente malgré les pressions sur les prix (Comité de Politique Monétaire)

Avec une croissance projetée à 5,4 % en 2026 et une contribution croissante des secteurs hors mines, l’économie congolaise conserve des perspectives favorables, malgré l’accélération récente de l’inflation.

L’économie de la République Démocratique du Congo continue de faire preuve de résilience. Dans son communiqué publié le 8 octobre 2026, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire à Kolwezi, la Banque Centrale du Congo (BCC) présente des perspectives économiques globalement favorables, soutenues par une croissance attendue de 5,4 % en 2026.

Cette performance projetée intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Elle témoigne néanmoins de la capacité de l’économie nationale à maintenir une dynamique de croissance malgré un environnement difficile.

En 2025, la croissance du produit intérieur brut réel s’est établie à 5,7 %. Pour 2026, le ralentissement attendu reste limité, tandis que la contribution croissante des secteurs hors mines à la création de richesses constitue un signal encourageant pour la diversification de l’activité économique.

Une inflation sous surveillance, des facteurs explicatifs identifiés

L’évolution des prix demeure toutefois un point d’attention. L’inflation cumulée sur l’année a atteint 7,25 % à fin septembre 2026, contre 4,83 % à fin juin.

Selon la BCC, cette accélération résulte notamment de facteurs extérieurs, tels que la hausse des prix des produits alimentaires et les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement. À l’intérieur du pays, les tensions ponctuelles sur les prix sont également liées aux difficultés sécuritaires dans l’est de la RDC et aux conséquences de l’épidémie de maladie à virus Ebola.

L’identification de ces facteurs permet de mieux comprendre l’évolution récente des prix et souligne l’importance d’une réponse adaptée. La BCC a ainsi maintenu son taux directeur à 12,5 %, dans le but de contribuer à contenir les pressions inflationnistes.

Les projections de l’institution anticipent une inflation de 8,90 % en 2026, avant un ralentissement à 6,40 % en 2027. Cette perspective constitue un objectif encourageant, même si sa réalisation dépendra de l’évolution de la conjoncture nationale et internationale.

La diversification, un atout pour l’avenir

La progression de la contribution des secteurs hors mines mérite une attention particulière. Elle suggère que la création de richesses repose de plus en plus sur une base économique diversifiée, susceptible de renforcer la résilience du pays face aux fluctuations des marchés internationaux des matières premières.

Cette évolution doit être consolidée par l’amélioration des conditions d’approvisionnement, la continuité des activités économiques et la stabilité du cadre macroéconomique.

À l’échelle mondiale, le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 2,9 % en 2026, puis de 3 % en 2027. Dans cet environnement, la performance attendue de la RDC demeure relativement solide.

Les défis liés à l’inflation, à l’insécurité et aux tensions sur les finances publiques restent réels. Toutefois, ils ne remettent pas automatiquement en cause les perspectives de croissance annoncées.

Le message qui se dégage du communiqué de la BCC est celui d’une économie confrontée à des contraintes, mais qui conserve des ressorts de croissance importants. La priorité consiste désormais à préserver cette dynamique, à mieux maîtriser l’évolution des prix et à faire en sorte que les progrès économiques se traduisent progressivement par une amélioration des conditions de vie des populations.

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