FRIVAO : 120 millions USD mobilisés pour reconstruire les communautés affectées par les exactions de l’Ouganda

Quatre ans après l’arrêt historique de la Cour internationale de Justice (CIJ), la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans le processus d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda sur son territoire. Le gouvernement congolais a annoncé, mercredi 9 septembre 2026, le lancement officiel des réparations collectives, avec une première enveloppe de 120 millions de dollars américains destinée à financer des projets prioritaires dans quatre provinces de l’est et du nord-est du pays.

L’annonce a été faite par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, qui a précisé que cette opération sera pilotée par le Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’exécution de l’arrêt rendu par la CIJ le 9 février 2022, condamnant l’Ouganda à verser 325 millions de dollars à la RDC en réparation des dommages causés par ses activités sur le territoire congolais. Selon les autorités, 260 millions de dollars ont déjà été versés par Kampala.

30 millions de dollars pour chacune des quatre provincesPour cette première phase consacrée aux réparations collectives, l’enveloppe de 120 millions de dollars sera répartie à parts égales entre l’Ituri, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, soit 30 millions de dollars par province.

Les fonds sont destinés à financer des projets répondant aux besoins prioritaires des communautés affectées par les conflits et les exactions. Les interventions devraient notamment concerner les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau potable et du relèvement économique.

Le programme devra également contribuer à la préservation de la mémoire collective et au renforcement de la résilience des communautés touchées.

« La réparation est un devoir de justice et une responsabilité de l’État », a souligné le ministre de la Justice, insistant sur la nécessité de faire en sorte que les ressources destinées aux victimes contribuent réellement à la restauration de leur dignité et à la reconstruction de leurs communautés.

La transparence au cœur du processus

Le gouvernement entend par ailleurs encadrer la gestion de ces fonds par des mécanismes participatifs et des procédures de traçabilité. La sélection des projets ainsi que leur mise en œuvre devront, selon le ministère de la Justice, garantir une utilisation transparente des ressources et produire un impact concret au bénéfice des populations concernées.

Les réparations individuelles ne sont toutefois pas encore à l’ordre du jour. Elles feront l’objet d’une deuxième phase, qui sera lancée après la finalisation par le FRIVAO des opérations d’audit, de vérification et de validation des fichiers des victimes.

Cette étape préalable doit permettre d’établir une liste fiable des bénéficiaires et de garantir une répartition équitable et transparente des indemnités individuelles.

Avec le lancement de ces réparations collectives, la RDC entend ainsi transformer la décision de la justice internationale en actions concrètes sur le terrain, notamment à travers la reconstruction des infrastructures et le soutien aux communautés durement affectées par les violences liées au conflit.

LK

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