Journée mondiale de l’architecture et de l’habitat : la RDC appelée à rendre le logement décent accessible à tous

La Journée mondiale de l’architecture et de l’habitat a été célébrée ce lundi en République démocratique du Congo autour d’un enjeu majeur : faire du logement adéquat un droit effectivement accessible à toutes les couches de la population, dans un contexte marqué par la crise du logement, l’insécurité foncière et les effets des changements climatiques.

Placée par l’Union internationale des architectes (UIA) sous le thème « Le logement est un droit humain. Construisons-le », cette journée s’inscrit également dans la réflexion portée par les Nations unies autour de la nécessité de garantir « un logement adéquat pour tous ».

En RDC, particulièrement dans les grandes agglomérations comme Kinshasa, l’accès à un logement décent reste un défi important. Pour le professeur Victor Bay Mukanya Kayembe, expert en architecture à l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) de Kinshasa, le logement doit être considéré comme un droit fondamental et non comme un privilège.

« Le logement n’est pas un luxe, le logement est un droit », souligne-t-il, appelant à revoir la manière dont le développement urbain est pensé et mis en œuvre.

Selon cet expert, l’urbanisation ne peut se résumer à la multiplication des bâtiments et des infrastructures. « Ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de constructions qu’une ville existe. Une vraie ville, c’est là où les populations vivent selon leurs aspirations, en tenant compte de leurs cultures et de leurs usages », explique-t-il.

Construire autrement

À Kinshasa, le professeur Bay Mukanya Kayembe relève notamment la persistance des constructions anarchiques, l’occupation de zones non constructibles et l’érection d’immeubles qui ne répondent pas toujours aux besoins réels de la majorité de la population.

Face à cette situation, il plaide pour une approche davantage centrée sur les besoins des citoyens, la planification urbaine et l’accessibilité financière du logement.

Parmi les pistes avancées figurent la promotion du logement social et abordable, le recours accru aux matériaux locaux, ainsi que l’utilisation de techniques de construction adaptées aux réalités climatiques et économiques du pays.

L’expert insiste également sur la nécessité de renforcer le contrôle des permis de construire et l’application des normes urbanistiques afin de limiter l’occupation des espaces à risques et des zones impropres à la construction.

Les universités appelées à jouer un rôle accru

Pour le professeur Bay Mukanya Kayembe, les universités doivent également être davantage associées à la réflexion sur l’avenir des villes congolaises.

« Les universités devraient être de vrais laboratoires pour le territoire, l’urbanisme et l’architecture », estime-t-il, considérant que la recherche universitaire peut contribuer à anticiper les besoins en logements et à proposer des solutions adaptées aux réalités locales.

La préservation des espaces verts, la protection des zones sensibles, la lutte contre l’occupation anarchique des sites exposés aux risques et l’amélioration de la gestion des déchets constituent également, selon lui, des leviers essentiels pour construire des villes plus résilientes.

Au-delà de la construction de nouveaux bâtiments, l’enjeu pour la RDC consiste ainsi à construire mieux, à coût accessible et en tenant compte des réalités sociales, culturelles et environnementales des populations.

LK

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