Journée mondiale des pharmaciens : qualité, accès et assainissement du secteur au centre des échanges à Kinshasa

La qualité du médicament, l’assainissement du secteur pharmaceutique et l’amélioration de l’accès aux produits de santé ont été au cœur des préoccupations exprimées ce vendredi à Kinshasa par le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de la République démocratique du Congo (RDC), Dr Mono Kayiba, à l’occasion de la Journée mondiale des pharmaciens, célébrée chaque 25 septembre.

Dans son intervention, Dr Mono Kayiba a plaidé pour une meilleure reconnaissance du rôle du pharmacien dans le système de santé, estimant qu’il est nécessaire de donner à cette profession les moyens de contribuer pleinement à la protection de la population.

Pour lui, cela passe notamment par le respect de la législation et de la déontologie professionnelles, l’application des bonnes pratiques ainsi que la garantie de l’indépendance professionnelle du pharmacien.

Le responsable de l’Ordre des pharmaciens a particulièrement insisté sur la question de la qualité des médicaments, qu’il considère comme une urgence de santé publique. Il a évoqué la situation préoccupante observée à Kinshasa, où, selon les chiffres avancés au cours de son intervention, plus de 6.000 points de vente de médicaments fonctionneraient sans autorisation, alors qu’environ 170 pharmacies seraient présentes au niveau des établissements hospitaliers.

Cette situation, a-t-il relevé, pose la question de la sécurité du médicament et de la qualité de sa dispensation, notamment lorsque les produits sont délivrés en dehors du circuit pharmaceutique réglementé ou en l’absence effective d’un pharmacien.

Une évaluation nationale actualisée souhaitée

Dr Mono Kayiba a également rappelé les résultats d’une enquête présentée au Conseil des ministres en avril 2023 sur la qualité des produits pharmaceutiques en RDC. Selon les informations rapportées à l’époque, l’enquête faisait état de problèmes concernant 60 à 80 % des médicaments examinés.

Trois ans après, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens estime nécessaire de disposer d’une situation actualisée de la qualité des médicaments disponibles sur le marché congolais.

Il a ainsi appelé à la réalisation d’une évaluation nationale, assortie de prélèvements réguliers sur le marché et d’analyses effectuées par des laboratoires compétents. L’objectif, a-t-il expliqué, est de disposer de données fiables permettant de distinguer les médicaments conformes des produits de qualité inférieure, falsifiés ou provenant de circuits illicites.

« Derrière chaque médicament de mauvaise qualité, il peut y avoir un traitement qui échoue, une maladie qui s’aggrave et une vie humaine mise en danger », a-t-il souligné.

Assainir sans exclure

Face aux irrégularités relevées dans le secteur, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens appelle à l’assainissement du circuit pharmaceutique. Pour Dr Mono Kayiba, cette démarche ne devrait pas se limiter à la fermeture des points de vente non conformes, mais également inclure l’organisation du secteur, la réglementation, l’accompagnement vers la conformité et, surtout, la protection des patients.

L’ambition, a-t-il indiqué, est de parvenir à un système dans lequel chaque pharmacie est autorisée, chaque établissement fait l’objet d’un contrôle approprié, chaque médicament est traçable et chaque acte pharmaceutique relève de la responsabilité d’un professionnel habilité.

« Le médicament est au cœur du système de santé et le pharmacien est au cœur de la sécurité », a-t-il fait valoir.

Deux panels consacrés au financement et à l’accès aux médicaments

La célébration de cette Journée mondiale des pharmaciens a également été marquée par deux panels consacrés aux principaux défis du secteur pharmaceutique en RDC.

Le premier panel a porté sur la procédure et les mécanismes de financement de l’approvisionnement en médicaments, ainsi que sur l’usage rationnel des médicaments. Les échanges ont également abordé la disponibilité des produits et les différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement, notamment les prévisions, le stockage et la distribution.

Le deuxième panel s’est penché sur la problématique de l’accès aux médicaments en RDC, avec un accent particulier sur les médicaments nécessitant une chaîne de froid. Les participants ont également réfléchi au passage de la politique à l’action, à travers des stratégies susceptibles d’améliorer l’accès aux médicaments dans la ville-province de Kinshasa.

À travers ces différentes réflexions, les acteurs du secteur pharmaceutique ont mis en avant la nécessité de renforcer l’organisation de la chaîne d’approvisionnement, d’améliorer la disponibilité des médicaments et de garantir leur qualité jusqu’au dernier point de dispensation.

Cette célébration aura ainsi permis de replacer le pharmacien au centre des discussions sur la sécurité du médicament et de rappeler que l’accès à des produits pharmaceutiques de qualité constitue un enjeu majeur pour la santé publique en République démocratique du Congo.

LK

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