Le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a présenté, ce 27 mai 2026 à Kinshasa, le rapport annuel 2025-2026 de l’institution devant l’Assemblée nationale.
Dans son allocution, il a souligné que cet exercice de redevabilité constitue un moment important de transparence institutionnelle et d’évaluation démocratique, conformément aux exigences légales de la République démocratique du Congo.
Au cours de cette présentation, la CENI est revenue sur les principales activités électorales réalisées durant l’exercice écoulé. L’institution a notamment organisé les élections indirectes des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs dans les provinces du Kwilu et du Nord-Ubangi après les reports enregistrés à Masi-Manimba et Yakoma.
Ces scrutins, tenus le 2 avril 2025 à Bandundu-Ville et Gbadolite, se sont déroulés sans incidents majeurs et ont permis de restaurer la continuité institutionnelle dans ces provinces.
La CENI a également évoqué les difficultés rencontrées dans l’organisation des élections des conseillers urbains, bourgmestres et maires. Malgré l’enregistrement des candidatures et la publication du calendrier électoral, ces scrutins n’ont pu être organisés en raison d’un manque de financement. Le président de la centrale électorale a insisté sur le fait que ces retards ne résultent pas d’une mauvaise planification, mais plutôt des contraintes budgétaires persistantes qui affectent le fonctionnement de l’institution.
Sur le plan institutionnel et international, la CENI a mis en avant plusieurs avancées majeures. Parmi celles-ci figure la transmission officielle du fichier électoral à l’Office National de l’Identification de la Population (ONIP), une initiative destinée à renforcer la modernisation administrative du pays.
L’institution électorale s’est également illustrée sur la scène régionale avec son élection à la présidence du Réseau des Organes de Gestion Électorale d’Afrique Centrale (ROGEAC), une reconnaissance des progrès réalisés en matière de digitalisation et de transparence électorale.
Concernant les réformes électorales, la CENI a proposé plusieurs innovations visant à améliorer l’inclusivité et la crédibilité des futurs scrutins. L’institution recommande notamment l’élargissement de la participation des Congolais de l’étranger, l’introduction d’un cadre spécifique pour les déplacés internes, le renforcement des mécanismes biométriques ainsi que la possibilité de dépôt en ligne des candidatures.
Elle envisage également l’utilisation du Centre électoral BOSOLO comme plateforme de centralisation et de publication des résultats électoraux.
Le rapport annuel met aussi en lumière les difficultés administratives et financières auxquelles la CENI reste confrontée. Pour l’exercice 2025, l’institution avait prévu un budget électoral de plus de 179 milliards de francs congolais, mais seulement 54 % des fonds alloués ont été effectivement décaissés. Cette situation affecte les opérations électorales, les investissements, ainsi que les conditions sociales des agents et retraités de la CENI.
Les retards de financement compliquent également la prise en charge médicale du personnel et l’entretien des infrastructures électorales.
En conclusion, le président de la CENI a lancé un appel aux institutions de la République, aux acteurs politiques et à l’ensemble des citoyens afin de faire de la question électorale une priorité nationale permanente. Il a insisté sur la nécessité d’assurer un financement régulier, de renforcer la cybersécurité et de moderniser les outils électoraux pour garantir la réussite des prochaines échéances électorales prévues en 2028. Selon lui, la consolidation de la démocratie congolaise dépendra de l’engagement collectif de toutes les parties prenantes autour du processus électoral.
La rédaction

