Article scientifique de Louis d’Or Balekelayi wa Nyengele
Doctorant et Chercheur en Communication numérique, UNISIC (ex-IFASIC)
Résumé
La transformation numérique des sociétés contemporaines reconfigure profondément les pratiques de communication politique, institutionnelle et diplomatique. L’essor des médias sociaux a notamment modifié les modalités de production, de circulation et de réception des messages des États. Facebook et X constituent désormais des espaces dans lesquels les acteurs étatiques peuvent s’adresser directement aux citoyens, aux médias, aux organisations internationales, aux diasporas et aux opinions publiques étrangères, tout en observant les réactions suscitées par leurs communications.
Le présent article analyse le rôle des médias sociaux dans la diplomatie publique des acteurs étatiques en République démocratique du Congo (RDC), en s’intéressant particulièrement aux traces numériques produites sur Facebook et X.
La recherche mobilise la théorie des traces numériques afin d’appréhender les publications, commentaires, réactions, partages, mentions, republications, citations et réponses comme autant d’indices permettant d’étudier les pratiques communicationnelles des institutions et les comportements des publics.
Cette approche est mise en relation avec les travaux sur la diplomatie publique et la diplomatie numérique, notamment ceux qui considèrent les médias sociaux comme des instruments de visibilité, d’écoute, d’influence et de construction relationnelle.
L’étude adopte une approche qualitative à visée analytique fondée sur l’analyse documentaire, l’observation indirecte des comptes publics des acteurs étatiques et l’analyse des contenus et interactions numériques.
Le corpus envisagé comprend principalement les comptes institutionnels de la Présidence de la République, du ministère des Affaires étrangères ainsi que des ambassades et missions diplomatiques congolaises sur Facebook et X.
L’analyse montre que la présence numérique ne saurait être assimilée automatiquement à une diplomatie publique efficace. L’existence d’un compte, la fréquence des publications et le nombre d’abonnés renseignent sur la présence numérique, mais ne suffisent pas à mesurer l’influence diplomatique. L’analyse des traces permet de distinguer la présence, l’activité, l’interaction et l’engagement. Elle met également en évidence la nécessité d’une communication institutionnelle régulière, cohérente, multilingue, réactive et adaptée aux différents publics.
L’article soutient ainsi que l’exploitation stratégique des traces numériques pourrait contribuer à améliorer la diplomatie publique congolaise, à renforcer la visibilité internationale de la RDC, à identifier les attentes des publics et à mieux répondre aux dynamiques de désinformation et de concurrence narrative dans l’espace numérique.
Mots-clés : médias sociaux, traces numériques, diplomatie publique, diplomatie numérique, communication numérique, acteurs étatiques, Facebook, X, République démocratique du Congo.
Abstract
The digital transformation of contemporary societies is profoundly reshaping political, institutional and diplomatic communication practices. The rise of social media has transformed the ways in which states produce, disseminate and receive messages. Facebook and X have become spaces where state actors can communicate directly with citizens, media organizations, international organizations, diasporas and foreign publics, while also observing the reactions generated by their communication.
This article analyzes the role of social media in the public diplomacy of state actors in the Democratic Republic of Congo (DRC), with particular attention to digital traces generated on Facebook and X. The study mobilizes digital trace theory to examine publications, comments, reactions, shares, mentions, reposts, quotations and institutional responses as observable indicators of communication practices and audience behavior. This theoretical approach is combined with research on public diplomacy and digital diplomacy, which emphasizes the role of social media in visibility, listening, influence and relationship-building.
The research adopts a qualitative analytical approach based on documentary analysis, indirect observation of public institutional accounts and analysis of digital content and interactions. The proposed corpus mainly includes the institutional accounts of the Presidency of the Republic, the Ministry of Foreign Affairs, Congolese embassies and permanent diplomatic missions on Facebook and X.
The analysis demonstrates that digital presence cannot automatically be equated with effective public diplomacy. The existence of an account, publication frequency and number of followers provide information about digital presence but are insufficient to measure diplomatic influence. Digital trace analysis makes it possible to distinguish presence, activity, interaction and engagement. It also highlights the importance of regular, coherent, multilingual and responsive institutional communication adapted to different audiences.
The article therefore argues that the strategic use of digital traces could contribute to strengthening Congolese public diplomacy, increasing the international visibility of the DRC, identifying audience expectations and improving responses to disinformation and competing narratives in the digital environment.
Keywords: social media, digital traces, public diplomacy, digital diplomacy, digital communication, state actors, Facebook, X, Democratic Republic of Congo.

Introduction
Le développement d’Internet et la généralisation progressive des technologies numériques ont profondément transformé les modalités de communication des institutions publiques. Alors que la communication institutionnelle traditionnelle reposait largement sur les médias classiques, les conférences de presse, les communiqués et les canaux diplomatiques conventionnels, les médias sociaux introduisent des possibilités nouvelles de publication instantanée, de circulation horizontale de l’information et d’interaction directe avec les publics.
Cette transformation ne concerne pas uniquement la communication commerciale ou médiatique. Elle touche également la communication politique, gouvernementale et diplomatique. Les États peuvent désormais construire leur présence internationale dans des environnements numériques où les frontières entre communication interne et communication externe deviennent plus perméables.
La diplomatie publique s’inscrit particulièrement dans cette mutation. Nicholas J. Cull identifie notamment l’écoute, l’advocacy, la diplomatie culturelle, les échanges et la radiodiffusion internationale parmi les composantes de la diplomatie publique. Cette conception permet de dépasser une approche limitée à la simple diffusion d’informations et d’intégrer la dimension relationnelle entre l’État et ses différents publics.
L’apparition des médias sociaux modifie précisément cette relation. L’internaute peut désormais commenter une publication officielle, la partager, la citer, la contester ou encore la réinterpréter. Le message institutionnel ne reste donc plus nécessairement sous le contrôle exclusif de son émetteur. Il entre dans un environnement caractérisé par la circulation, la conversation et la réappropriation.
Dans le domaine diplomatique, cette transformation a donné naissance à la notion de diplomatie numérique. Celle-ci renvoie à l’utilisation des technologies numériques dans la conduite et la communication de la politique étrangère.
En Afrique, la diplomatie numérique constitue désormais un champ de recherche en développement, alors que les ministères des Affaires étrangères et les représentations diplomatiques investissent progressivement les plateformes sociales. Des recherches comparatives récentes portant sur les ministères africains des Affaires étrangères montrent notamment l’importance de Facebook et de X dans les stratégies diplomatiques numériques du continent.
Cette évolution présente un intérêt particulier pour la République démocratique du Congo. La RDC cherche à renforcer sa visibilité internationale, à promouvoir son image, à défendre ses intérêts diplomatiques et à communiquer sur des enjeux tels que la paix, la sécurité régionale, l’économie, l’environnement, les ressources naturelles et les relations internationales.
Dans ce contexte, Facebook et X offrent aux acteurs étatiques congolais des possibilités importantes de communication directe avec différents publics.
Toutefois, la simple existence de comptes institutionnels ne permet pas de conclure à l’existence d’une diplomatie numérique performante.
Il convient dès lors de déplacer l’analyse de la seule présence numérique vers l’étude des traces numériques produites par les acteurs et les publics.
Chaque publication constitue une trace. Chaque commentaire constitue une trace. Chaque partage, réaction, mention, republication ou réponse institutionnelle constitue également une trace. L’ensemble de ces éléments peut être étudié afin de comprendre les pratiques communicationnelles, les stratégies discursives et les formes d’engagement générées autour des messages diplomatiques.
Cette perspective rejoint les travaux contemporains qui considèrent les médias sociaux comme des environnements permettant d’observer à la fois les stratégies de communication des acteurs et les réactions des publics. Une étude récente consacrée à la diplomatie numérique chinoise en Afrique, par exemple, combine l’analyse de publications sur X et l’étude de l’engagement de publics africains afin d’évaluer les effets de l’exposition aux messages diplomatiques.

La présente recherche s’inscrit dans cette perspective.
Problématique
L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir si les acteurs étatiques congolais sont présents sur Facebook et X, mais de comprendre comment ils utilisent ces plateformes, quels contenus ils diffusent, quelles interactions leurs publications suscitent et ce que les traces numériques permettent de révéler sur leur diplomatie publique.
La question centrale de cette recherche est ainsi formulée :
Comment les traces numériques produites sur Facebook et X permettent-elles d’analyser les usages des médias sociaux par les acteurs étatiques dans le cadre de la diplomatie publique en République démocratique du Congo ?
De cette question principale découlent les questions secondaires suivantes :
Quels types de contenus les acteurs étatiques congolais diffusent-ils sur Facebook et X ?
Quels sont les principaux thèmes mobilisés dans leur communication numérique ?
Quelle place accordent-ils à l’interaction avec les publics ?
Quelles traces numériques permettent de mesurer l’engagement des publics ?
Dans quelle mesure ces usages peuvent-ils contribuer à une diplomatie publique efficace de la RDC ?
Hypothèse
L’hypothèse générale formulée dans cette recherche est la suivante :
L’analyse des traces numériques produites par les acteurs étatiques et leurs publics sur Facebook et X permet de mieux comprendre les stratégies de communication numérique, les niveaux d’interaction et d’engagement ainsi que les limites de la diplomatie publique congolaise.
Cette hypothèse repose sur l’idée que les traces numériques constituent des indicateurs permettant de passer d’une simple observation de la présence institutionnelle à une analyse des pratiques, des contenus et des réactions.

Objectif général.
L’objectif général est d’analyser les usages des médias sociaux par les acteurs étatiques congolais à partir des traces numériques observables afin d’évaluer leur contribution potentielle à la diplomatie publique de la RDC.
Objectifs spécifiques
Il s’agit notamment :
d’identifier les principaux acteurs étatiques présents sur Facebook et X ;
d’analyser les types de contenus publiés ;
d’identifier les thèmes dominants ;
d’observer les modalités d’interaction avec les publics ;
d’analyser les différentes formes d’engagement ;
d’identifier les forces et les limites de la communication numérique diplomatique congolaise ;
de proposer des orientations pour une meilleure exploitation stratégique des médias sociaux.
- Cadre conceptuel
1.1. Le concept d’usage
Le concept d’usage occupe une place centrale dans l’analyse des technologies de communication. Utiliser un dispositif numérique ne signifie pas uniquement activer ses fonctionnalités techniques. L’usage renvoie également aux pratiques sociales, communicationnelles et culturelles développées par les utilisateurs.
Dans le cas des institutions publiques, l’usage d’un média social peut prendre différentes formes : publication d’informations, diffusion de communiqués, valorisation des activités institutionnelles, réponse aux internautes, gestion de crise, promotion d’une politique publique ou encore construction d’une image institutionnelle.
L’analyse des usages permet donc de dépasser une approche strictement technologique. Il ne suffit pas de savoir qu’une institution possède une page Facebook ou un compte X. Il faut également observer comment elle utilise cet outil, à quelle fréquence, avec quels contenus et dans quelles finalités.
Dans cette perspective, l’usage devient une pratique observable à travers les traces numériques produites.
1.2. Les médias sociaux
Les médias sociaux désignent des dispositifs numériques permettant aux utilisateurs de produire, diffuser, commenter, partager et modifier des contenus tout en interagissant avec d’autres utilisateurs.
Ils se distinguent des médias traditionnels par leur forte dimension participative. Le récepteur peut devenir producteur, commentateur ou diffuseur du message.
Cette caractéristique transforme profondément la communication institutionnelle. Une publication d’une institution peut être immédiatement commentée, reprise par les médias, partagée par les citoyens ou relayée par des acteurs internationaux.
Les médias sociaux deviennent ainsi des espaces de circulation des discours institutionnels mais également des espaces de confrontation des récits.
1.3. Facebook et X comme espaces diplomatiques
Facebook et X présentent des caractéristiques différentes mais complémentaires.
Facebook favorise notamment la publication de textes relativement développés, de photographies, de vidéos, d’albums et de contenus multimédias. Il peut donc être utilisé pour présenter des activités diplomatiques, des rencontres, des visites officielles, des discours et des réalisations.
X, quant à lui, est particulièrement adapté à la communication instantanée, au commentaire de l’actualité, à la réaction politique et à la circulation rapide des messages. Les hashtags, mentions, citations et republications permettent également d’intégrer une institution dans des conversations dépassant son propre réseau.
Des travaux consacrés à la diplomatie africaine montrent que les ministères des Affaires étrangères utilisent ces deux plateformes dans leurs stratégies numériques, avec une activité importante sur X malgré une présence parfois plus large sur Facebook.

1.4. La diplomatie publique
La diplomatie publique peut être définie comme l’ensemble des actions par lesquelles un État cherche à communiquer avec des publics étrangers afin de faire connaître ses politiques, ses valeurs, sa culture et ses positions, mais aussi afin de construire des relations susceptibles de favoriser ses intérêts.
Elle ne se réduit donc pas à la propagande ou à la diffusion unidirectionnelle d’informations.
La dimension de l’écoute est particulièrement importante. Pour Cull, la diplomatie publique comporte une dimension d’écoute des publics.
Cette dimension devient encore plus importante dans l’environnement numérique puisque les réactions des publics sont directement observables à travers les commentaires, réactions, partages, mentions et autres interactions.
1.5. La diplomatie numérique
La diplomatie numérique peut être considérée comme l’intégration des technologies numériques aux pratiques diplomatiques et à la conduite de la politique étrangère.
Elle ne signifie donc pas simplement « diplomatie sur Internet ». Elle implique une transformation des pratiques institutionnelles, des modes de communication, des processus de production de l’information et des relations entre diplomates et publics.
Les recherches consacrées à la diplomatie numérique africaine montrent que le phénomène est désormais suffisamment important pour constituer un champ d’étude spécifique. Elles soulignent cependant plusieurs défis, notamment la désinformation, la faiblesse des capacités institutionnelles et la nécessité d’intégrer véritablement le numérique dans les stratégies de politique étrangère.
- Cadre théorique : la théorie des traces numériques
2.1. Comprendre la trace numérique
L’activité sur Internet génère une multitude de données. Lorsqu’un utilisateur publie un contenu, réagit à une publication, écrit un commentaire, partage une information ou interagit avec un compte institutionnel, son activité laisse une trace.
La trace numérique peut donc être envisagée comme une manifestation observable d’une activité réalisée dans un environnement numérique.
Dans le cadre de cette recherche, les traces numériques ne sont pas considérées uniquement comme des données techniques. Elles sont également appréhendées comme des indices permettant d’étudier les pratiques communicationnelles.
Cette perspective est particulièrement pertinente dans le cas des médias sociaux, car ceux-ci rendent visibles de nombreuses dimensions de la communication.
2.2. Les différentes catégories de traces
Pour cette étude, les traces numériques peuvent être regroupées en plusieurs catégories.
a) Les traces de production
Elles correspondent aux contenus produits par les acteurs étatiques :
publications ;
communiqués ;
photographies ;
vidéos ;
discours ;
infographies ;
liens ;
déclarations ;
messages diplomatiques.
b) Les traces d’interaction
Elles correspondent aux échanges entre l’institution et les publics :
commentaires ;
réponses ;
mentions ;
citations ;
questions ;
réponses institutionnelles.
c) Les traces de circulation
Elles permettent d’observer la diffusion du contenu :
partages ;
republications ;
citations ;
relais par d’autres comptes ;
reprises par les médias.
d) Les traces d’engagement
Elles renvoient notamment :
aux réactions ;
aux commentaires ;
aux partages ;
aux republications ;
aux mentions ;
aux réponses.
Ces différentes catégories permettent de construire une lecture multidimensionnelle de l’activité numérique.
- De la présence numérique à l’influence numérique
Une contribution importante de cette recherche consiste à distinguer quatre niveaux.

3.1. La présence numérique
La présence numérique correspond à l’existence d’un compte officiel sur une plateforme.
Elle peut être mesurée à partir :
de l’existence du compte ;
de sa certification éventuelle ;
du nombre d’abonnés ;
de la date de création ;
de la fréquence générale d’activité.
La présence constitue toutefois le niveau le plus élémentaire.
3.2. L’activité numérique
Une institution peut être présente sans être véritablement active.
L’activité renvoie donc à la fréquence et à la régularité des publications.
Une institution qui publie quotidiennement ou plusieurs fois par semaine possède une activité différente d’une institution qui publie seulement quelques fois par mois.
3.3. L’interaction numérique
L’interaction correspond à la capacité de l’institution à entrer en relation avec les utilisateurs.
Elle peut être observée à travers :
les réponses aux commentaires ;
les mentions ;
les réponses aux questions ;
les échanges avec d’autres institutions ;
les interactions avec les médias et organisations internationales.
3.4. L’influence numérique
L’influence constitue le niveau le plus complexe.
Elle ne peut pas être déduite mécaniquement du nombre d’abonnés ou de réactions.
Elle suppose d’examiner notamment :
la circulation du message ;
sa reprise par d’autres acteurs ;
sa présence dans les conversations publiques ;
sa capacité à imposer certains thèmes ;
sa capacité à modifier les perceptions ;
sa capacité à renforcer l’image du pays.
Cette distinction est essentielle pour éviter de confondre popularité numérique et efficacité diplomatique.
- La diplomatie publique à l’ère des plateformes
La diplomatie publique contemporaine évolue dans un environnement caractérisé par la multiplication des acteurs et la fragmentation des publics.
Les États ne sont plus les seuls à produire des récits sur eux-mêmes. Les médias, ONG, chercheurs, entreprises, influenceurs, diasporas, organisations internationales et citoyens participent également à la construction de l’image internationale d’un pays.
Dans cet environnement, la diplomatie numérique devient une compétition pour l’attention.
L’État doit donc :
être visible ;
être crédible ;
être réactif ;
être cohérent ;
être capable d’écouter ;
répondre rapidement aux controverses ;
construire des relations avec différents publics.
Les travaux consacrés à l’Afrique soulignent justement que la diplomatie numérique est devenue un espace stratégique mais encore insuffisamment étudié, particulièrement en comparaison avec les recherches portant sur les pays occidentaux.
- Méthodologie
5.1. Approche de recherche
Cette recherche adopte une approche qualitative à visée analytique.
Le choix du qualitatif se justifie par l’objectif de comprendre les logiques communicationnelles sous-jacentes aux publications numériques, plutôt que de se limiter à un décompte statistique.
Toutefois, l’analyse qualitative peut être complétée par des données quantitatives simples lorsque celles-ci sont disponibles : fréquence des publications, nombre de commentaires, réactions, partages et republications.
Cette articulation permettrait, dans une phase empirique ultérieure, de combiner profondeur interprétative et mesure de l’activité.
5.2. Techniques de collecte des données
Trois techniques sont mobilisées.
- Analyse documentaire.
Elle porte sur les ouvrages, articles scientifiques, rapports et documents institutionnels consacrés :
aux médias sociaux ;
à la communication numérique ;
aux usages numériques ;
à la diplomatie publique ;
à la diplomatie numérique ;
aux traces numériques. - Observation indirecte
Elle consiste à observer les comptes publics des acteurs étatiques sans intervenir dans les échanges.
- Analyse des traces numériques
Elle porte sur les publications et les interactions visibles sur Facebook et X.
Cette méthode permet d’observer à la fois la production des messages et leur réception observable.
5.3. Constitution du corpus
Le corpus de recherche est constitué prioritairement des comptes publics appartenant aux catégories suivantes :
Présidence de la République ;
ministère des Affaires étrangères ;
ambassades de la RDC ;
missions diplomatiques permanentes ;
autres institutions étatiques directement impliquées dans la communication internationale.
Les deux plateformes privilégiées sont Facebook et X.
Pour garantir la reproductibilité de la recherche, une étude empirique complète devra préciser :
la période d’observation ;
les comptes retenus ;
le nombre de publications ;
les critères d’inclusion et d’exclusion ;
la date de collecte ;
les modalités d’archivage des données.
5.4. Unités d’analyse
L’unité principale est la publication.
Chaque publication peut être analysée selon :
sa date ;
son auteur institutionnel ;
sa plateforme ;
son thème ;
son format ;
son objectif ;
son public cible ;
son niveau d’interactivité ;
les réactions générées.
Les commentaires et réponses peuvent constituer des unités secondaires d’analyse.
- Grille d’analyse opérationnelle
Dimension
Indicateurs,
Questions d’analyse,
Présence numérique,
compte, certification, abonnés.
L’acteur est-il officiellement présent ?
Activité:
fréquence, régularité.
Publie-t-il régulièrement ?
Contenu:
thèmes, formats, messages.
Quels sujets sont privilégiés ?
Objectif:
information, promotion, défense, influence
Quelle finalité poursuit le message ?
Interaction:
commentaires, réponses, mentions.
L’institution dialogue-t-elle avec les publics ?
Engagement:
réactions, partages, republications.
Les publics réagissent-ils au contenu ?
Circulation:
relais, citations, reprises.
Le contenu dépasse-t-il le compte d’origine ?
Diplomatie publique:
écoute, advocacy, image, dialogue.
Le contenu participe-t-il à une fonction diplomatique ?
Réactivité:
délai et nature des réponses.
L’institution répond-elle aux controverses ?
Cohérence:
discours, identité visuelle, positionnement.
Les différents comptes délivrent-ils un message cohérent ?
Cette grille permet d’opérationnaliser l’hypothèse et d’établir une relation entre traces numériques et pratiques de diplomatie publique.
- Analyse des usages des médias sociaux par les acteurs étatiques congolais
7.1. La visibilité comme première fonction.
La première fonction des médias sociaux dans la diplomatie publique est la visibilité.
La publication régulière d’informations relatives aux activités du chef de l’État, du ministère des Affaires étrangères ou des missions diplomatiques permet de rendre l’action diplomatique visible.
Cette visibilité est importante dans un environnement international où l’attention constitue une ressource stratégique.
Toutefois, la visibilité ne signifie pas nécessairement influence.
Un compte peut être très visible sans parvenir à susciter une véritable conversation avec les publics.
7.2. L’information institutionnelle
Une part importante de la communication étatique numérique peut être consacrée à l’information.
Il peut s’agir :
de visites officielles ;
de rencontres diplomatiques ;
de signatures d’accords ;
de participation à des sommets ;
de réunions internationales ;
de déclarations officielles ;
d’activités des ambassades.
Cette fonction informative contribue à la transparence et à la visibilité de l’action diplomatique.
Cependant, une communication exclusivement descriptive risque de reproduire sur les médias sociaux les logiques du communiqué de presse traditionnel.
L’enjeu consiste donc à adapter le contenu aux caractéristiques propres aux plateformes.
7.3. La construction de l’image internationale.
La diplomatie publique participe à la construction de l’image d’un pays.
Dans le cas de la RDC, les médias sociaux peuvent être mobilisés pour présenter une image liée :
à la richesse culturelle ;
au potentiel économique ;
aux ressources naturelles ;
à l’environnement ;
au tourisme ;
à la jeunesse ;
aux innovations ;
à la coopération internationale ;
aux initiatives de paix.
Cette dimension rejoint la logique de l’« image de marque » nationale, sans toutefois réduire la diplomatie publique à une stratégie de marketing.
7.4. La défense des intérêts nationaux.
Les médias sociaux permettent également aux acteurs étatiques de présenter et de défendre les positions officielles de la RDC.
Cette fonction devient particulièrement importante lors des crises diplomatiques ou sécuritaires.
Dans ce type de contexte, la rapidité de publication peut permettre à une institution de :
clarifier une position ;
démentir une information ;
présenter sa version des faits ;
répondre à une déclaration étrangère ;
mobiliser des relais internationaux.
La communication numérique devient ainsi un instrument de gestion de l’environnement informationnel.
7.5. La communication de crise
La communication de crise constitue l’un des domaines dans lesquels les médias sociaux présentent un avantage particulier.
Une institution peut publier rapidement une information officielle et réduire ainsi le délai entre la survenue d’un événement et la réaction institutionnelle.
Mais cette rapidité constitue également un risque.
Une information publiée trop rapidement et insuffisamment vérifiée peut provoquer :
une contradiction institutionnelle ;
une perte de crédibilité ;
une amplification de la polémique ;
une propagation de la désinformation.
La diplomatie numérique doit donc associer rapidité et vérification.
Les recherches consacrées à la diplomatie numérique africaine identifient précisément la désinformation et la mésinformation parmi les principaux défis auxquels les diplomates doivent faire face.
- Les traces numériques comme indicateurs de l’engagement
L’un des apports majeurs de l’analyse des traces numériques réside dans la possibilité d’observer les réactions des publics.
8.1. Les réactions
Les réactions constituent un premier indicateur d’attention.
Elles indiquent qu’un utilisateur a manifesté une réponse au contenu, mais elles ne permettent pas à elles seules de déterminer la nature de cette réponse.
Une réaction positive, négative ou ambiguë peut avoir des significations différentes.
8.2. Les commentaires
Les commentaires constituent des traces plus riches parce qu’ils peuvent révéler :
l’accord ;
le désaccord ;
la demande d’information ;
la critique ;
la contestation ;
le soutien ;
l’humour ;
la polémique.
Ils constituent donc une source importante pour l’analyse qualitative de la réception.
8.3. Les partages et republications
Le partage constitue un indicateur particulièrement intéressant de circulation.
Lorsqu’un utilisateur partage un contenu institutionnel, il devient temporairement un relais du message.
La republication sur X remplit une fonction comparable.
Ces pratiques permettent donc d’étudier la capacité du contenu à dépasser l’audience immédiate du compte institutionnel.
8.4. Les réponses institutionnelles
L’analyse doit également déterminer si les acteurs étatiques répondent aux internautes.
Une institution qui publie beaucoup mais ne répond jamais peut être considérée comme pratiquant essentiellement une communication descendante.
À l’inverse, une institution qui répond régulièrement peut développer une logique plus relationnelle.
Cette distinction est fondamentale pour la diplomatie publique numérique.
- Présence, activité, interaction et influence : une typologie analytique
L’étude propose quatre niveaux d’analyse.
Niveau 1 : présence.
L’institution possède un compte officiel.
Niveau 2 : activité.
L’institution publie régulièrement.
Niveau 3 : interaction.
L’institution échange avec les publics.
Niveau 4 : influence.
Les messages circulent, sont repris et contribuent potentiellement à modifier les perceptions ou à structurer les conversations.
Cette typologie permet d’éviter une erreur fréquente : considérer le nombre d’abonnés comme une mesure directe de l’efficacité diplomatique.
Une institution peut avoir beaucoup d’abonnés mais peu d’engagement.
Inversement, une publication peut avoir une audience relativement limitée mais produire un effet diplomatique important si elle est reprise par les médias, les diplomates ou les acteurs internationaux.
- Discussion
10.1. La diplomatie publique ne peut plus être uniquement descendante
L’environnement numérique remet en cause le modèle classique dans lequel l’État produit un message et le public le reçoit.
Sur Facebook et X, le public peut immédiatement réagir.
La diplomatie publique devient donc davantage conversationnelle.
Cependant, la possibilité technique d’interagir ne garantit pas une véritable interaction.
Une institution peut disposer d’une fonction « commentaire » sans développer une stratégie d’écoute.
La véritable transformation réside donc moins dans l’existence des fonctionnalités que dans leur appropriation institutionnelle.
10.2. La nécessité de l’écoute numérique
La théorie des traces numériques prend ici toute son importance.
Les réactions des internautes peuvent fournir des informations sur :
les préoccupations des publics ;
les incompréhensions ;
les controverses ;
les attentes ;
les perceptions négatives ;
les sujets mobilisateurs.
L’analyse des traces transforme ainsi les médias sociaux en instruments potentiels d’écoute diplomatique.
Cette fonction correspond directement à l’une des composantes fondamentales de la diplomatie publique identifiées par Cull.
10.3. L’engagement comme indicateur intermédiaire
L’engagement ne doit toutefois pas être confondu avec l’influence.
Un contenu peut obtenir des milliers de réactions sans modifier durablement une perception.
L’engagement doit donc être considéré comme un indicateur intermédiaire.
Il renseigne sur l’attention et la participation, mais l’influence nécessite des indicateurs complémentaires.
Cette prudence méthodologique est importante pour éviter une interprétation excessive des statistiques des plateformes.
10.4. La question de la cohérence institutionnelle
Une diplomatie numérique efficace suppose également une certaine cohérence entre les différents acteurs.
Les messages diffusés par la Présidence, le ministère des Affaires étrangères et les missions diplomatiques doivent éviter les contradictions majeures.
Une stratégie numérique cohérente suppose donc :
une ligne éditoriale commune ;
des éléments de langage harmonisés ;
des procédures de validation ;
un système de veille ;
une coordination entre institutions ;
une gestion commune des crises.
- Les principaux défis de la diplomatie
numérique congolaise
11.1. La fragmentation institutionnelle
Lorsque plusieurs institutions communiquent séparément sans coordination suffisante, le risque de contradiction augmente.
La diplomatie numérique nécessite donc une gouvernance communicationnelle.
11.2. L’insuffisance de la régularité
Une présence numérique irrégulière réduit la capacité d’une institution à construire une relation durable avec ses publics.
La régularité ne signifie cependant pas publier pour publier.
Elle doit être associée à la pertinence et à la qualité.
11.3. La faiblesse de l’interactivité
Une communication exclusivement descendante limite la capacité des médias sociaux à remplir leur fonction relationnelle.
La diplomatie publique numérique devrait donc développer davantage :
les réponses ;
les séances de questions-réponses ;
les discussions ;
les contenus interactifs ;
les formats pédagogiques.
11.4. La désinformation
Les médias sociaux permettent la diffusion rapide de fausses informations.
L’État doit donc développer une capacité de veille et de fact-checking.
La réponse institutionnelle doit être :
rapide ;
documentée ;
crédible ;
accessible ;
cohérente.
11.5. La question linguistique
La diplomatie numérique congolaise s’adresse à plusieurs catégories de publics.
Une stratégie efficace pourrait donc combiner :
français ;
anglais ;
langues nationales lorsque le contexte s’y prête.
L’anglais présente une importance particulière pour toucher les publics diplomatiques et internationaux.
11.6. Les compétences professionnelles
La diplomatie numérique nécessite des compétences spécifiques :
rédaction web ;
community management ;
analyse des données ;
veille numérique ;
fact-checking ;
production audiovisuelle ;
communication de crise ;
analyse de l’engagement ;
connaissance des publics internationaux.
La professionnalisation des équipes constitue donc un enjeu majeur.
- Vers un modèle congolais de diplomatie publique numérique
À partir de l’analyse développée dans cet article, il est possible de proposer un modèle articulé autour de six fonctions.
Fonction 1 : écouter
Analyser les commentaires, réactions, mentions et conversations.
Fonction 2 : informer
Produire des informations fiables et accessibles.
Fonction 3 : dialoguer
Répondre aux publics et favoriser les échanges.
Fonction 4 : influencer
Construire et diffuser des récits cohérents sur les intérêts et les positions de la RDC.
Fonction 5 : valoriser
Présenter les atouts politiques, économiques, culturels et environnementaux du pays.
Fonction 6 : anticiper
Identifier les controverses, les campagnes de désinformation et les évolutions de perception.
Ce modèle pourrait être résumé par la chaîne suivante :
Traces → Analyse → Compréhension des publics → Adaptation du contenu → Engagement → Influence potentielle.
Cette logique constitue une évolution importante par rapport à une communication limitée à la publication de communiqués.
- Apports scientifiques de l’étude
Cette recherche présente trois principaux apports.
Premier apport : théorique.
Elle met en relation la théorie des traces numériques avec la diplomatie publique.
Cette articulation permet de considérer les traces comme des éléments d’observation des pratiques diplomatiques numériques.
Deuxième apport : méthodologique.
Elle propose une grille permettant d’étudier simultanément :
présence ;
activité ;
contenu ;
interaction ;
engagement ;
circulation ;
fonction diplomatique.
Troisième apport : pratique.
Elle fournit aux institutions congolaises une base permettant de passer d’une logique de simple présence sur les réseaux sociaux à une logique de pilotage stratégique de la communication numérique.
- Limites de la recherche
Cette étude présente certaines limites.
Premièrement, l’analyse des traces visibles ne permet pas d’accéder à toutes les données internes des plateformes.
Deuxièmement, les algorithmes de Facebook et X déterminent en partie la visibilité des contenus, ce qui signifie que l’absence de réaction ne correspond pas nécessairement à une absence d’intérêt.
Troisièmement, certaines traces peuvent être supprimées ou devenir difficiles à retrouver.
Quatrièmement, l’engagement numérique ne permet pas à lui seul de mesurer l’influence diplomatique.
Cinquièmement, l’analyse qualitative comporte une part d’interprétation qui doit être réduite par une grille de codage explicite et reproductible.
Ces limites montrent l’intérêt d’une future étude empirique combinant analyse qualitative, données quantitatives, entretiens avec les responsables de communication et éventuellement analyse des réseaux.
Conclusion
La transformation numérique de la communication internationale impose aux États de repenser leurs pratiques diplomatiques. Les médias sociaux, notamment Facebook et X, ne constituent plus de simples canaux supplémentaires de diffusion de l’information. Ils sont devenus des espaces dans lesquels se construisent, se négocient et se contestent les représentations des États.
Pour la République démocratique du Congo, cette transformation représente à la fois une opportunité et un défi.
L’opportunité réside dans la possibilité de communiquer directement avec des publics nationaux et internationaux, de valoriser l’image du pays, de défendre les intérêts nationaux, de diffuser les positions officielles et de développer une relation plus directe avec les publics.
Le défi consiste à transformer cette présence numérique en véritable capacité diplomatique.
La principale contribution de cette recherche consiste précisément à proposer l’analyse des traces numériques comme moyen d’étudier cette transformation.
Les publications, commentaires, réactions, partages, mentions, republications et réponses institutionnelles constituent autant d’indices permettant d’observer les pratiques communicationnelles des acteurs étatiques.
La recherche montre ainsi qu’il convient de distinguer quatre niveaux : présence, activité, interaction et influence.
La présence correspond à l’existence sur une plateforme. L’activité renvoie à la régularité de publication. L’interaction concerne la relation avec les publics. L’influence suppose, quant à elle, une capacité plus complexe à faire circuler des récits, à structurer les conversations et éventuellement à contribuer à la modification des perceptions.
Cette distinction permet de dépasser une conception quantitative et superficielle de la diplomatie numérique.
Une institution ne devient pas nécessairement influente parce qu’elle possède beaucoup d’abonnés ou publie fréquemment. L’efficacité dépend également de la pertinence des contenus, de la qualité des interactions, de la cohérence institutionnelle, de la capacité d’écoute et de l’exploitation stratégique des données produites par les activités numériques.
Dans le contexte africain, cette problématique prend une importance croissante. Les travaux récents montrent que les États africains investissent davantage les médias sociaux dans leurs pratiques diplomatiques, tout en étant confrontés à des défis liés à la désinformation, aux capacités institutionnelles et à la stratégie de communication.
Pour la RDC, l’enjeu est donc de passer d’une logique de présence numérique à une logique de diplomatie publique fondée sur les données et l’écoute.
Cela implique notamment la mise en place d’un dispositif institutionnel de veille numérique, la professionnalisation des équipes, la production de contenus adaptés aux différentes plateformes, l’analyse régulière des engagements, la coordination entre les institutions et l’élaboration d’une stratégie cohérente de communication internationale.
En définitive, les traces numériques constituent une ressource scientifique et stratégique. Elles permettent au chercheur d’observer les pratiques communicationnelles et aux institutions d’améliorer leur connaissance des publics.
L’hypothèse de départ est ainsi confortée sur le plan théorique et méthodologique : l’analyse des traces numériques permet de dépasser la simple mesure de la présence des acteurs étatiques et d’appréhender les dimensions de contenu, d’interaction, d’engagement et de circulation qui caractérisent la diplomatie publique numérique.
Toutefois, une validation empirique complète de cette hypothèse nécessite une étude systématique d’un corpus précisément délimité de comptes Facebook et X, sur une période déterminée, avec un codage reproductible des publications et des interactions.
La présente recherche constitue donc une base scientifique pour une étude empirique approfondie des stratégies numériques des acteurs étatiques congolais et pour l’élaboration d’un modèle de diplomatie publique numérique adapté aux réalités de la République démocratique du Congo. Nous y reviendrons!
Références bibliographiques indicatives( Les notes infrapaginales completes dans la publication sur supportphysique)
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Traduction des notions importantes
Anglais- Français:
Digital diplomacy:
Diplomatie numérique;
Public diplomacy:
Diplomatie publique;
Digital traces:
Traces numériques;
Social media:
Médias sociaux;
Social networks:
Réseaux sociaux;
Digital communication:
Communication numérique;
Digital presence:
Présence numérique;
Digital engagement:
Engagement numérique;
Audience : engagement;
Foreign publics: Publics étrangers;
Soft power:
Puissance douce / soft;
Digital visibility:
Visibilité numérique;
Online interaction:
Interaction en ligne;
Digital strategy:
Stratégie numérique;
Digital communication strategy:
Stratégie de communication numérique;
Foreign policy:
Politique étrangère;
Ministry of Foreign Affairs (MFA):Ministère des Affaires étrangères;
Digitalization /
Numérisation
Online diplomacy:
Diplomatie en ligne;
Social media diplomacy:
Diplomatie sur les médias sociaux;
Digital environment:
Environnement numérique;
Digital engagement:
Engagement numérique;
Misinformation:
Mésinformation;
Disinformation:
Désinformation

