Sous la présidence mensuelle de la République démocratique du Congo, le Conseil de sécurité des Nations unies tient, ce mercredi à partir de 15 heures (heure de Kinshasa), une réunion de haut niveau consacrée au lien entre l’exploitation des ressources naturelles, les conflits armés et la prospérité des États.
Initialement attendu pour présider cette séance, le président de la République, Félix Tshisekedi, sera finalement représenté par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kaikwamba-Wagner. Ce changement est motivé par des contraintes protocolaires liées aux restrictions en vigueur en raison de l’épidémie d’Ebola.
Les échanges porteront notamment sur la gouvernance des ressources naturelles, la régulation de l’exploitation des minerais critiques ainsi que les mécanismes visant à couper les sources de financement des groupes armés alimentées par le trafic illicite des ressources minières.
À travers cette initiative, la RDC ambitionne de faire progresser l’adoption de normes internationales plus strictes en matière de traçabilité des minerais critiques. Kinshasa plaide également pour des mesures susceptibles de sanctionner les acteurs et les chaînes d’approvisionnement impliqués dans le commerce illicite des ressources naturelles.
Cette réunion sera particulièrement suivie par les grandes puissances membres du Conseil de sécurité, engagées dans une compétition croissante pour sécuriser leur accès aux minerais stratégiques. Les pays producteurs, dont la RDC, entendent pour leur part obtenir davantage de garanties concernant le respect de leur souveraineté, la transformation locale des minerais et la lutte contre l’impunité liée au pillage des ressources.
Plusieurs hauts responsables gouvernementaux prendront part à cette séance, notamment des représentants de la Colombie, du Congo-Brazzaville, de l’Angola, de l’Équateur, de l’Indonésie et des Émirats arabes unis. Le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ainsi que la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) figurent également parmi les personnalités attendues.
À l’issue des travaux, la RDC espère l’adoption d’une résolution forte sur la traçabilité des minerais et la lutte contre leur exploitation illicite. Toutefois, l’efficacité d’un tel texte dépendra de la volonté des États membres d’en assurer l’application.
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par la multiplication des conflits liés aux ressources naturelles à travers le monde, notamment en Ukraine et dans l’est de la RDC, où Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le pillage des ressources minières à travers les groupes armés opérant dans cette partie du pays.
LK

