La prison centrale de Makala, à Kinshasa, fait face à une surpopulation carcérale alarmante. L’établissement héberge actuellement près de 16 000 détenus, alors que sa capacité initiale est estimée à 2 500 places. Une situation préoccupante dénoncée par le ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, qui annonce des mesures urgentes pour désengorger cette maison carcérale.
« Les détenus sont même dans les couloirs », a déclaré le ministre, soulignant l’ampleur de la crise. Selon lui, cette surpopulation exerce une pression considérable sur les ressources alimentaires, les installations sanitaires et les moyens logistiques de la prison.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement a décidé de suspendre l’accueil de nouveaux détenus à Makala jusqu’à l’amélioration des conditions carcérales. Guillaume Ngefa a précisé que les dossiers concernés seront examinés au cas par cas, en collaboration avec les autorités judiciaires compétentes.
Le ministre a également relevé plusieurs dysfonctionnements du système judiciaire, notamment la lenteur dans le traitement des dossiers, l’insuffisance du nombre de magistrats et les difficultés liées au rapprochement des prévenus de leur juge naturel. La présence de détenus souffrant de maladies contagieuses figure également parmi les préoccupations des autorités.
À cet effet, des évaluations médicales sont envisagées pour identifier les détenus malades susceptibles de bénéficier de mesures humanitaires, conformément aux procédures légales. Certains pourraient ainsi obtenir une mise en liberté provisoire, après examen de leur situation individuelle et en tenant compte de la nature des faits qui leur sont reprochés ainsi que de leur éventuelle dangerosité.
Au-delà des mesures immédiates, Guillaume Ngefa plaide pour une réforme de la politique pénitentiaire nationale. Pour lui, la prison ne doit pas être considérée uniquement comme un lieu de punition, mais également comme un espace de rééducation et de préparation à la réinsertion sociale.
Dans cette perspective, le ministre envisage une collaboration avec le Service national afin de permettre à certains détenus d’acquérir des compétences professionnelles utiles à leur réintégration après leur libération. Il préconise également le recours accru aux mesures alternatives à l’emprisonnement pour les infractions de faible gravité.
Ces mesures annoncées visent à répondre à l’urgence de la surpopulation carcérale à Makala, tout en ouvrant la voie à une prise en charge plus humaine des détenus et à une amélioration du fonctionnement de la justice en République démocratique du Congo.
LK

