Projet Impulsion Média RDC : un nouveau souffle pour la modernisation et la protection des journalistes

Le secteur des médias congolais entend franchir un nouveau cap avec le lancement officiel, jeudi à Kinshasa, du projet « Impulsion Média RDC », une initiative destinée à moderniser l’écosystème médiatique, renforcer la protection des journalistes et promouvoir l’accès des citoyens à l’information publique.

Porté par la Fédération des radios de proximité du Congo (FRPC), avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) de l’ambassade de Suisse en RDC, le projet entend accompagner les réformes du secteur et répondre aux mutations liées notamment à la transformation numérique et à l’essor des nouveaux producteurs de contenus.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le président du Conseil d’administration de la FRPC, Modeste Shabani, a présenté cette initiative comme une étape importante dans la construction d’un paysage médiatique « plus moderne, plus professionnel, plus sécurisé » et davantage en phase avec les exigences de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la protection des professionnels des médias et de soutenir les médias de proximité. « La protection des journalistes n’est pas une faveur. La modernisation des médias n’est donc pas une option », a-t-il souligné, estimant que ces deux dimensions constituent des conditions essentielles au fonctionnement d’une démocratie éclairée.

Pour le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Beaudoin Kamanda wa Kamanda, le lancement intervient dans un contexte marqué par de profondes transformations du secteur, caractérisées par la numérisation, la rapidité de circulation de l’information et l’apparition de nouveaux acteurs dans la production des contenus.

Il a particulièrement mis en avant la carte d’identité professionnelle du journaliste, dont la délivrance symbolique des premiers exemplaires a constitué l’un des temps forts de la cérémonie. Selon lui, cette carte ne doit pas être considérée comme un simple document administratif, mais comme un véritable outil d’identification professionnelle susceptible de contribuer au rétablissement de la confiance entre les journalistes, leurs sources et le public.

La représentante de l’ambassade de Suisse en RDC a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’un secteur médiatique « fort, indépendant, diversifié et professionnel ». Elle a également salué les efforts engagés par les autorités congolaises dans la réforme du cadre juridique régissant les médias.

Elle a exprimé l’espoir de voir la RDC rejoindre, au cours de cette année, les pays africains ayant adopté une législation consacrée à l’accès à l’information publique, estimant qu’un tel dispositif pourrait contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable.

Le Gouvernement mise sur « moderniser, protéger et garantir »

Représentant le ministre de la Communication et Médias, le directeur de cabinet Nicolas Lianza Likwale a inscrit le projet dans la dynamique de réforme du cadre normatif et institutionnel des médias, conformément au programme d’action du Gouvernement 2024-2028.

Il a résumé cette ambition autour de trois priorités : « moderniser, protéger et garantir l’accès à l’information publique ».

« Un journaliste protégé est un journaliste libre », a-t-il affirmé, précisant que cette protection devait être à la fois physique, géographique, professionnelle, institutionnelle et numérique.

Le directeur de cabinet a également appelé les professionnels des médias à renforcer leur rigueur, notamment à travers le respect de l’éthique et de la déontologie, la vérification des faits, la confrontation des sources ainsi que la distinction entre information et opinion.

S’agissant de l’accès à l’information publique, il a indiqué que le Gouvernement suivait l’évolution de la proposition de loi consacrée à cette question et à la transparence, tout en poursuivant la finalisation de plusieurs textes réglementaires liés au nouveau cadre juridique des médias.

Il a, en outre, invité les organisations professionnelles à participer à l’élaboration d’une future loi sur l’organisation des médias afin que celle-ci puisse prendre en compte les mutations provoquées par les réseaux sociaux et l’émergence de nouveaux producteurs de contenus.

« Nous ne voulons pas élaborer une loi qui sera conçue dans l’ombre pour être subie dans la lumière », a-t-il déclaré, plaidant pour une démarche participative associant l’ensemble des acteurs concernés.

À travers « Impulsion Média RDC », les partenaires ambitionnent notamment de soutenir le plaidoyer en faveur de l’adoption de la loi sur l’accès à l’information publique, d’accélérer le processus relatif aux mesures d’application de la loi n°23/009 du 13 mars 2023 et de renforcer l’identification professionnelle des journalistes congolais.

L’initiative entend ainsi contribuer à la professionnalisation du secteur, à la protection des journalistes, au renforcement des médias de proximité et à l’amélioration de l’accès des citoyens à l’information publique.

LK

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