La République démocratique du Congo doit transformer son immense potentiel écologique en véritable levier d’influence sur la scène internationale. C’est le plaidoyer de Claude Boyoo Itaka, docteur en Relations internationales et expert en diplomatie climatique, qui estime que le pays doit renforcer sa stratégie pour mieux défendre ses intérêts face aux enjeux climatiques mondiaux.
Au cours d’un entretien accordé à notre rédaction, l’expert explique que la diplomatie climatique est une composante de la diplomatie environnementale, consacrée aux mécanismes de coopération internationale destinés à lutter contre les changements climatiques. Selon lui, la transition énergétique et la révolution numérique redessinent déjà les rapports de force entre les États, faisant de la maîtrise des technologies et de l’innovation un facteur déterminant de puissance.
Si la RDC dispose d’atouts exceptionnels, notamment ses forêts, ses ressources en eau et ses tourbières, elle demeure toutefois vulnérable aux effets du réchauffement climatique. Claude Boyoo Itaka estime que le pays doit renforcer ses capacités scientifiques, technologiques et institutionnelles afin de réduire sa dépendance aux financements extérieurs et bâtir une véritable autonomie stratégique.
L’expert juge par ailleurs que les politiques publiques actuelles, bien qu’alignées sur les engagements internationaux, restent insuffisantes. Il recommande d’intégrer la question climatique au cœur des politiques nationales de développement, en faisant de l’adaptation au changement climatique une priorité transversale.
Enfin, Claude Boyoo Itaka plaide pour une réforme du ministère des Affaires étrangères, avec la création de structures spécialisées en diplomatie climatique. Une telle évolution permettrait, selon lui, de mieux préparer les diplomates congolais à défendre les intérêts de la RDC dans les négociations internationales sur le climat.
LK

