La lutte contre les violences numériques basées sur le genre prend une nouvelle dimension en République démocratique du Congo. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) envisage de prendre des mesures contre TikTok, voire d’aller jusqu’à la fermeture de la plateforme sur le territoire national, en réaction aux dérives constatées sur les réseaux sociaux.
Cette éventualité a été évoquée jeudi par le président du CSAC, Christian Bosembe, lors de la réception d’une délégation de la structure « Telema mwana ya mapinga ». Celle-ci a remis au régulateur un mémorandum dénonçant la multiplication des violences numériques basées sur le genre (VNBG), notamment les actes de cyberharcèlement dirigés contre les femmes.
La délégation a particulièrement attiré l’attention sur les attaques en ligne visant la Première Dame de la République, appelant le CSAC à agir contre les auteurs de ces contenus jugés attentatoires à la dignité des personnes ciblées.
À travers leur mémorandum, les représentants de « Telema mwana ya mapinga » demandent au régulateur des médias d’identifier et de sanctionner les auteurs des violences numériques, tout en renforçant les mécanismes de lutte contre le cyberharcèlement sur les plateformes sociales.
Réagissant à ces préoccupations, Christian Bosembe a évoqué la possibilité d’une fermeture de TikTok en RDC si les dérives observées persistent. Le président du CSAC a également laissé entendre que les mesures envisagées pourraient ne pas se limiter à cette seule plateforme et concerner, le cas échéant, d’autres réseaux sociaux.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la montée des préoccupations autour des contenus diffusés sur les réseaux sociaux, notamment ceux liés aux insultes, au harcèlement et aux violences basées sur le genre.
Pour le CSAC, l’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre la liberté d’expression et la nécessité de lutter contre les abus numériques, alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans l’espace public congolais.
LK

