UNIKIN-PNC : la coopération scientifique face aux nouveaux défis de la criminalité

La transformation des pratiques criminelles à l’ère du numérique impose une adaptation des méthodes de lutte contre l’insécurité. C’est ce qu’a souligné le professeur Joël Nzampungu, Directeur adjoint chargé de l’enseignement à l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), lors de son intervention consacrée à la coopération scientifique entre l’UNIKIN et la Police nationale congolaise (PNC).

Selon lui, la criminalité s’est progressivement déplacée vers l’espace numérique. Faux profils, escroqueries en ligne, menaces sur les messageries, diffusion de fausses informations et criminalité financière constituent désormais de nouveaux défis pour les forces de l’ordre. Dans plusieurs cas, les éléments de preuve se trouvent dans des données numériques, des adresses IP ou des communications cryptées.

Face à cette évolution, l’École de criminologie de l’UNIKIN entend renforcer son appui scientifique à la PNC. Elle propose notamment une cartographie prédictive des zones à risque et une analyse des flux urbains afin de mieux comprendre les facteurs qui favorisent l’insécurité routière et la délinquance. L’ECRIMINO met également en avant son modèle R.I.D. — Régulation, Infrastructure et Dépersonnalisation — destiné à réduire les pratiques arbitraires et les possibilités de corruption dans la gestion de la circulation.

L’université souhaite également contribuer à une meilleure compréhension des relations entre la Police et la population sur les réseaux sociaux. L’analyse des rumeurs et des fausses informations liées à la sécurité pourrait, selon elle, aider la PNC à améliorer sa communication de crise et à renforcer la confiance avec les citoyens.

Autre piste : associer davantage les jeunes à la sécurité participative grâce à des plateformes numériques d’alerte citoyenne. Ces outils permettraient de signaler certains risques urbains et routiers, tout en limitant les fausses alertes.

Enfin, l’École de criminologie propose des formations continues aux policiers sur les menaces numériques, les traces électroniques et les nouveaux modes opératoires de la criminalité juvénile en ligne.

Pour le professeur Nzampungu, le défi est désormais de rapprocher davantage la recherche universitaire de l’action policière. Dans un environnement où la criminalité ignore de plus en plus les frontières physiques, la réponse sécuritaire doit elle aussi s’appuyer sur la science, la technologie et l’anticipation.

LK

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