Assurance maladie obligatoire : les syndicats des enseignants réclament un moratoire de cinq ans

L’intersyndicale des syndicats des enseignants du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC) pose des conditions avant la mise en œuvre de l’assurance maladie obligatoire dans les sous-secteurs de l’enseignement maternel, primaire et secondaire. Elle réclame notamment la convocation d’une commission paritaire entre le gouvernement et les représentants syndicaux, ainsi qu’un moratoire de cinq ans pour permettre aux Fonds de solidarité de santé (FSS) de faire leurs preuves.

Cette position a été exprimée par Henri Christin Longendja, secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs de l’enseignement du Congo et porte-parole adjoint de l’intersyndicale des syndicats des enseignants de l’EDU-NC. Le responsable syndical estime qu’une réforme de cette ampleur nécessite des concertations approfondies avec les principaux concernés avant son application dans le secteur éducatif.

Pour l’intersyndicale, la première exigence consiste à mettre en place une commission paritaire réunissant le gouvernement, le banc syndical de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, ainsi que des représentants provinciaux. Cette instance devrait permettre d’examiner les modalités de mise en œuvre de la réforme et de prendre en compte les préoccupations spécifiques des enseignants.

Henri Christin Longendja souligne, à cet égard, que les enseignants disposent déjà d’une mutuelle de santé, la MESP. Selon lui, son existence et son fonctionnement doivent être pris en considération dans les discussions relatives à l’introduction des Fonds de solidarité de santé.

Un moratoire de cinq ans exigé

Au-delà des concertations, l’intersyndicale demande au gouvernement d’accorder un moratoire de cinq ans avant d’étendre cette réforme au secteur de l’éducation. Ce délai devrait permettre aux Fonds de solidarité de santé de fonctionner dans les autres ministères, de démontrer leur efficacité et de produire les résultats attendus.

Pour Henri Christin Longendja, il serait prématuré d’imposer aux enseignants un dispositif dont les résultats sur le terrain ne sont pas encore suffisamment établis. L’intersyndicale souhaite ainsi que les autorités privilégient une approche progressive, fondée sur l’évaluation des expériences en cours et la prise en compte des réalités professionnelles des enseignants.

Le porte-parole adjoint met également en avant les difficultés d’accès aux services de santé dans certaines zones reculées de la République démocratique du Congo. Selon lui, les enseignants éprouvent encore des difficultés à identifier les structures concernées et à connaître les services effectivement proposés par les Fonds de solidarité de santé.

Dans ce contexte, l’intersyndicale exhorte le gouvernement à éviter toute mise en œuvre forcée de la réforme et à privilégier le dialogue social afin de garantir son acceptation par les agents concernés.

L’intersyndicale dénonce les interférences politiques

Par ailleurs, Henri Christin Longendja dénonce les interférences politiques dans la gestion du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté. Il rappelle que l’éducation doit demeurer un secteur apolitique, au service de la formation des citoyens et de l’avenir du pays.

L’intersyndicale estime que le ministère ne doit pas être transformé en un espace de règlements de comptes ou de rivalités entre partis et responsables politiques. Elle considère ces pratiques comme des antivaleurs incompatibles avec les exigences de bonne gouvernance du secteur éducatif et appelle à leur cessation.

À travers ces revendications, les représentants syndicaux entendent obtenir des garanties sur les modalités d’application de l’assurance maladie obligatoire, tout en défendant les intérêts des enseignants. Ils plaident pour une réforme concertée, progressive et adaptée aux réalités du système éducatif congolais.

LK

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