RDC : Vital Kamerhe accuse Joseph Kabila de prôner la paix tout en soutenant la rébellion

Le président honoraire de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a dénoncé la contradiction entre les appels à la paix de l’ancien président Joseph Kabila et son implication présumée dans une dynamique politico-militaire, dans une déclaration publiée ce mercredi sur son compte X, au lendemain de l’annonce de la création du Front national pour la refondation de l’État.

« Vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes », a déclaré Vital Kamerhe, faisant référence aux propos de Joseph Kabila du 9 octobre, suivis, trois jours plus tard à Goma, de l’annonce d’une coalition politico-militaire comprenant l’AFC/M23.

Dans cette prise de position, Vital Kamerhe considère cette évolution comme un tournant grave dans la vie politique congolaise, qui exige des responsables politiques une parole claire et un comportement à la hauteur des enjeux nationaux.

« On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes », a-t-il affirmé, soulignant que le recours à la violence est incompatible avec les principes démocratiques et le droit des citoyens à choisir librement leurs dirigeants.

Le bilan de Joseph Kabila remis en question

Au-delà de la controverse liée à cette initiative, Vital Kamerhe a rappelé les 18 années de Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo. Il estime que cette longue période de pouvoir engage la responsabilité historique de l’ancien président dans la consolidation des institutions, le renforcement de l’armée, le développement du pays et la protection des populations.

Pour lui, l’ancien chef de l’État ne peut aujourd’hui se présenter comme étranger aux difficultés structurelles et aux blessures que connaît le pays, sans assumer sa part de responsabilité dans son parcours politique.

« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a-t-il déclaré, invitant les dirigeants congolais à faire preuve de responsabilité et à assumer leur contribution à l’histoire tumultueuse de la RDC.

Vital Kamerhe a également dénoncé les conséquences humaines des conflits armés qui se succèdent dans le pays. Il a évoqué les familles endeuillées, les enfants privés de scolarité, les femmes exposées aux violences et les populations contraintes de fuir leurs terres.

À ses yeux, les rébellions successives n’ont pas permis d’apporter aux Congolais la sécurité, la justice et la prospérité auxquelles ils aspirent. Il estime dès lors nécessaire de rompre avec ce cycle d’insécurité et d’affrontements qui compromet durablement les perspectives de développement national.

Soutien à Félix Tshisekedi et défense de la souveraineté

Dans sa déclaration, Vital Kamerhe a réaffirmé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme son allié et partenaire politique.

Il considère que l’évolution de la situation conforte les mises en garde formulées précédemment face aux menaces pesant sur les institutions et appelle à resserrer les rangs autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.

Le président honoraire de l’Assemblée nationale a, par ailleurs, lancé un appel à la mobilisation pacifique de tous les Congolais, au-delà des appartenances politiques, afin que les armes ne déterminent plus l’avenir du pays.

Il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale, dans un pays caractérisé par une grande diversité culturelle et ethnique, estimant que cette richesse doit constituer un facteur de coexistence pacifique et de respect mutuel plutôt qu’une source de divisions.

Le dialogue comme seule issue durable

Fort de son expérience dans la gestion des conflits, Vital Kamerhe a défendu le dialogue comme une alternative à la violence armée. Il a fait valoir qu’aucune divergence ne devrait être insurmontable lorsque les protagonistes placent l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de leurs ambitions personnelles.

Il s’est notamment interrogé sur l’opportunité de prendre les armes pour finir par négocier autour d’une table, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter des pertes en vies humaines.

Dans cette perspective, il a exhorté les responsables des mouvements armés à renoncer à leurs projets militaires et à privilégier une solution pacifique aux différends politiques.

« Rien ne saurait justifier que nous prenions les armes contre notre propre pays », a-t-il martelé, mettant en garde contre les conséquences humaines d’une nouvelle escalade de la violence.

Pour Vital Kamerhe, la RDC a besoin de paix, de cohésion nationale et d’un nouvel élan de développement. Il a ainsi appelé à rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir et à mettre un terme au cycle des conflits armés suivis de négociations, sans garantie d’une paix durable.

Son message se termine par un appel à l’unité nationale et à la solidarité africaine, qu’il considère comme des conditions essentielles au rétablissement de la dignité et de la grandeur du continent.

À travers cette déclaration, Vital Kamerhe défend ainsi une ligne politique fondée sur le soutien aux institutions en place, la préservation de l’intégrité territoriale et le recours au dialogue pour résoudre les crises. Un positionnement qui intervient dans un contexte marqué par de nouvelles tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo.

LK

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